Nouveaux radars en France en 2026 : ce qu'ils peuvent sanctionner et comment contester

Nouveaux radars en France en 2026 : que peuvent-ils sanctionner et comment contester ?
Par Maître Yohan Dehan / Maître Allan Schinazi, avocats au Barreau de Paris. Mis à jour le 13 octobre 2026.
Quel que soit le modèle de radar qui vous a contrôlé (tourelle, voiture-radar, radar tronçon, radar urbain), les règles de droit qui s'appliquent restent les mêmes : l'infraction doit avoir été constatée par un appareil homologué et régulièrement vérifié, le retrait de points n'intervient qu'une fois la réalité de l'infraction établie, et vous disposez en principe de 45 jours pour payer ou contester une contravention. Ce qui change surtout en 2026, c'est la gravité de certaines infractions : un excès de vitesse de 50 km/h ou plus est désormais un délit.
Points clés
- Le grand excès de vitesse (50 km/h ou plus au-dessus de la limite) est un délit depuis le 31 décembre 2025 : jusqu'à 3 mois d'emprisonnement, 3 750 euros d'amende et retrait de 6 points (article L413-1 du Code de la route).
- En dessous de 50 km/h, l'excès de vitesse reste une contravention, avec un retrait de 1 à 4 points selon l'importance du dépassement (article R413-14).
- Plusieurs infractions commises simultanément entraînent des retraits de points qui se cumulent, en règle générale dans la limite des deux tiers du nombre maximal de points, soit 8 points (article L223-2 III). Des règles particulières existent pour certaines infractions cumulées, notamment l'alcool et les stupéfiants.
- Payer l'amende vaut reconnaissance de l'infraction et entraîne le retrait de points (article L223-1).
- Délai pour contester l'avis initial d'une contravention : 45 jours à compter de la constatation ou de l'envoi de l'avis (articles 529-1 et 529-2 du Code de procédure pénale), avec des conditions de forme strictes dans certains cas (article 529-10).
Quels sont les nouveaux radars en circulation ?
Depuis plusieurs années, l'État modernise le contrôle automatisé : radars dits « tourelles », installés en hauteur et capables de contrôler plusieurs voies et les deux sens de circulation ; voitures-radars banalisées, dont la conduite a été confiée à des prestataires privés ; radars urbains placés en agglomération ; radars de chantier déplaçables ; radars tronçons qui mesurent une vitesse moyenne.
La presse a également annoncé des dispositifs capables de détecter d'autres comportements que la vitesse : usage du téléphone tenu en main, défaut de port de la ceinture, non-respect des distances de sécurité, circulation sur une voie réservée (notamment aux véhicules en covoiturage), ou encore bruit excessif (radars dits « sonores »).
Prudence sur les annonces. Beaucoup d'articles en ligne présentent comme acquis des déploiements qui relèvent de l'expérimentation ou du projet, avec des chiffres (nombre d'appareils, de véhicules, de sites) rarement sourcés. Juridiquement, ce qui compte n'est pas la technologie annoncée, mais trois questions :
- l'infraction relevée fait-elle partie de celles que les textes permettent de constater par un appareil automatique ?
- l'appareil utilisé est-il homologué pour constater cette infraction ?
- l'appareil était-il régulièrement vérifié à la date du contrôle ?
Si la réponse à l'une de ces questions est négative ou ne peut pas être établie, la poursuite est fragilisée. C'est l'analyse de votre avis et du dossier, et non le nom commercial du radar, qui permet de le savoir.
Que risquez-vous pour un excès de vitesse relevé par radar en 2026 ?
L'article R413-14 du Code de la route, en vigueur depuis le 1er janvier 2024, fixe le régime des excès de vitesse de moins de 50 km/h :
| Dépassement de la vitesse autorisée | Classe de contravention | Retrait de points |
|---|---|---|
| Moins de 20 km/h, limite supérieure à 50 km/h | 3e classe | 1 point (à partir de 5 km/h) |
| Moins de 20 km/h, limite égale ou inférieure à 50 km/h | 4e classe | 1 point (à partir de 5 km/h) |
| De 20 à moins de 30 km/h | 4e classe | 2 points |
| De 30 à moins de 40 km/h | 4e classe | 3 points |
| De 40 à moins de 50 km/h | 4e classe | 4 points |
| 50 km/h ou plus | Délit (article L413-1) | 6 points (moitié du maximum) |
À partir de 30 km/h de dépassement, le juge peut en outre prononcer une suspension du permis de trois ans au plus (qui peut être limitée à la conduite en dehors de l'activité professionnelle), une interdiction de conduire certains véhicules et un stage de sensibilisation à la sécurité routière (article R413-14 II).
Le grand excès de vitesse est devenu un délit. Depuis le 31 décembre 2025, dépasser la vitesse maximale autorisée de 50 km/h ou plus est puni de trois mois d'emprisonnement et de 3 750 euros d'amende (article L413-1). Les peines complémentaires encourues comprennent la confiscation du véhicule dont le conducteur est propriétaire (obligatoire en cas de récidive, sauf décision spécialement motivée), la suspension du permis pour trois ans au plus, sans possibilité de la limiter à la conduite en dehors de l'activité professionnelle, et l'annulation du permis avec interdiction d'en solliciter un nouveau pendant trois ans au plus. L'action publique peut être éteinte par une amende forfaitaire délictuelle de 300 euros (250 euros minorée, 600 euros majorée), y compris en cas de récidive.
Et pour le téléphone, la ceinture ou les distances de sécurité ?
Ces comportements étaient déjà réprimés ; la question est de savoir si leur constatation automatique est juridiquement possible et si l'appareil est homologué pour elle. Pour une contravention, le retrait de points ne peut jamais dépasser la moitié du nombre maximal de points, soit 6 points (article L223-2 II).
La vraie question, pour ces infractions, est celle de la preuve : un cliché doit permettre d'établir sans ambiguïté le comportement reproché et, lorsqu'un appareil automatique est utilisé, celui-ci doit être homologué pour cette infraction précise. Un appareil homologué pour la vitesse ne l'est pas, de ce seul fait, pour le téléphone ou la ceinture. Demandez le cliché et vérifiez ce qu'il montre réellement.
Peut-on perdre tous ses points en un seul passage devant un radar ?
Plusieurs articles affirment qu'un conducteur pourrait perdre 9 points, voire son permis, en un seul passage devant un radar « multi-infractions ». C'est inexact pour un permis à 12 points : lorsque plusieurs infractions entraînant retrait de points sont commises simultanément, les retraits se cumulent, en règle générale, dans la limite des deux tiers du nombre maximal de points (article L223-2 III du Code de la route). Le maximum étant de 12 points (article R223-1), le plafond est de 8 points. Des règles particulières existent pour certaines infractions cumulées (alcool et stupéfiants notamment) : elles ne concernent pas un simple passage devant un radar.
En revanche, pour un permis probatoire, qui débute avec 6 points (article R223-1), un cumul de ce type peut entraîner une perte de points très lourde, pouvant conduire à l'invalidation du permis.
Côté amendes, les amendes contraventionnelles se cumulent : en cas de concours d'infractions, le principe est qu'une seule peine de même nature peut être prononcée, mais les peines d'amende pour contraventions font exception.
En revanche, ce principe joue pour la suspension du permis : la Cour de cassation a cassé un arrêt qui avait prononcé deux suspensions de permis distinctes (Cass. crim., 22 juin 2010, n° 09-87.314).
Si vous êtes flashé plusieurs fois sur un même trajet, chaque constatation fait en principe l'objet d'un avis distinct. Il faut alors examiner chaque avis (lieu, heure, appareil, vitesse retenue) pour vérifier qu'il ne s'agit pas d'un doublon ou d'une erreur d'identification.
Comment fonctionne un radar tronçon ?
Le radar tronçon (ou « radar de vitesse moyenne ») relève l'heure de passage du véhicule en deux points et calcule la vitesse moyenne entre eux. Si cette vitesse moyenne dépasse la vitesse maximale autorisée entre ces deux points, l'excès de vitesse est constaté.
La Cour de cassation a précisé que, dans ce cas, le lieu de commission de l'infraction est celui où a été réalisée la seconde constatation (Cass. crim., 13 mai 2015, n° 14-83.559, rendu au visa de l'article L130-9 du Code de la route). Ce point peut avoir une incidence sur la compétence territoriale et sur la cohérence des mentions de l'avis.
Quels sont les points de vérification utiles face à un radar ?
Sans promettre de résultat, voici les vérifications que nous effectuons sur un avis émis à la suite d'un contrôle automatisé :
- L'identité du conducteur. L'avis est adressé au titulaire du certificat d'immatriculation, qui n'était pas forcément au volant. Le cliché permet-il d'identifier le conducteur ?
- L'homologation et la vérification de l'appareil. Les cinémomètres sont soumis à des vérifications (primitive et périodique). La Cour de cassation contrôle que ces vérifications ont été réalisées par l'autorité compétente (Cass. crim., 18 septembre 2012, n° 11-87.423, à propos de l'arrêté du 4 juin 2009 relatif aux cinémomètres de contrôle routier).
- La vitesse retenue. L'avis mentionne une vitesse mesurée et une vitesse retenue, après application d'une marge technique. Vérifiez que la marge a bien été appliquée et que la tranche de dépassement (et donc le nombre de points) est la bonne.
- La limitation applicable. La vitesse maximale retenue correspond-elle à la signalisation effectivement en place au lieu du contrôle ?
- Les mentions de l'avis. Date, heure, lieu, sens de circulation, numéro de l'appareil : une incohérence doit être relevée.
Comment contester un avis de contravention émis par un radar ?
- Ne payez pas si vous entendez contester. Le paiement de l'amende forfaitaire établit la réalité de l'infraction et entraîne le retrait de points (article L223-1 du Code de la route).
- Respectez le délai de 45 jours, qui court de la constatation de l'infraction ou, si l'avis est envoyé ultérieurement, de son envoi (articles 529-1 et 529-2 du Code de procédure pénale). À défaut de paiement ou de requête en exonération dans ce délai, l'amende est majorée de plein droit (article 529-2 du Code de procédure pénale).
- Respectez la forme. Dans les cas prévus par l'article 529-10 (avis adressé au titulaire du certificat d'immatriculation pour certaines infractions), la requête n'est recevable que si elle est adressée par lettre recommandée avec avis de réception, avec le formulaire joint à l'avis, ou par voie dématérialisée, et si elle est accompagnée soit d'un justificatif (plainte pour vol ou usurpation de plaques, désignation du conducteur, déclaration de cession, document attestant qu'un système de délégation de conduite automatisé était activé), soit du justificatif de consignation d'une somme égale au montant de l'amende (article 529-10). La consignation n'est pas un paiement et n'entraîne pas de retrait de points.
- En cas d'amende majorée, une réclamation motivée peut être formée dans les trente jours de l'envoi de l'avis d'amende forfaitaire majorée (article 530 du Code de procédure pénale), avec, là encore, les justificatifs exigés.
Cette procédure concerne les contraventions. Le grand excès de vitesse, devenu un délit, relève de règles de contestation distinctes (articles 495-17 et suivants du Code de procédure pénale) : l'avis d'amende forfaitaire délictuelle doit être examiné sans attendre, car les délais sont courts.
Si vous êtes dirigeant d'une entreprise et que le véhicule est au nom de celle-ci, la loi impose à l'entreprise de désigner le conducteur dans certains cas : consultez notre article sur comment faire sauter une contravention avant toute démarche.
FAQ
Les nouveaux radars peuvent-ils me retirer des points pour le téléphone au volant ?
Oui, si l'infraction est établie : l'usage du téléphone tenu en main est une infraction qui entraîne un retrait de points, et le nombre de points figure sur l'avis. Mais la constatation automatique suppose un appareil homologué pour cette infraction et un cliché qui démontre réellement l'usage du téléphone. Ces deux points méritent d'être vérifiés.
Un excès de vitesse de 50 km/h flashé par un radar est-il toujours une simple amende ?
Non. Depuis le 31 décembre 2025, c'est un délit (article L413-1 du Code de la route). Vous pouvez recevoir une amende forfaitaire délictuelle de 300 euros ou être convoqué devant le tribunal correctionnel, et vous encourez notamment la confiscation du véhicule, la suspension ou l'annulation du permis et le retrait de 6 points.
Combien de points peut-on perdre en une seule fois ?
En règle générale, pour plusieurs infractions commises simultanément, 8 points au maximum, soit les deux tiers du capital maximal de 12 points (article L223-2 III), des règles particulières existant pour certaines infractions cumulées (alcool et stupéfiants notamment). Un délit isolé entraîne le retrait de la moitié du maximum, soit 6 points.
Une voiture-radar conduite par un prestataire privé peut-elle verbaliser ?
C'est l'appareil embarqué qui constate l'infraction ; ce sont son homologation, sa vérification et la qualité du cliché qu'il convient de contrôler sur votre dossier.
Faut-il payer l'amende avant de contester ?
Non, il ne faut pas payer, car le paiement vaut reconnaissance de l'infraction. Lorsque l'avis vise le titulaire du certificat d'immatriculation, la contestation doit en revanche être accompagnée, selon les cas, d'une consignation ou d'un des documents prévus par l'article 529-10 du Code de procédure pénale. La consignation n'entraîne pas de retrait de points.
Combien de temps ai-je pour contester ?
45 jours à compter de la constatation de l'infraction, ou de l'envoi de l'avis s'il est envoyé ultérieurement, pour la requête en exonération d'une contravention (articles 529-1 et 529-2 du Code de procédure pénale). Passé ce délai, l'amende est majorée et seule une réclamation contre l'amende majorée reste possible, dans les conditions de l'article 530.
Contester un avis de radar avec Hello Avocat
Hello Avocat est la solution du cabinet Dehan Schinazi, avocats au Barreau de Paris, dédiée au droit routier. Avec l'application Hello Avocat, vous photographiez votre avis de contravention et vos pièces ; un avocat examine votre dossier, vérifie les délais, la recevabilité et les mentions de l'avis, et vous indique s'il existe un moyen de défense sérieux avant d'engager la procédure.
Pour un grand excès de vitesse, une suspension ou un permis menacé d'invalidation, les avocats du cabinet peuvent vous assister directement : avocat pour sauver son permis de conduire.
- Maître Yohan DehanAvocat au Barreau de Paris
- Maître Allan SchinaziAvocat au Barreau de Paris
